Resumo
Dans leur édition 2017 du Code du patrimoine, les commentateurs de l’éditeur juridique Dalloz notent à propos de la définition légale des archives fixée par l’article L. 211-1 et récemment modifiée en 2016 : « Sont des archives “les documents y compris les données”. Le vocabulaire de “l’open data” contamine ici le droit des archives » ; et plus loin « la donnée non qualifiée ne constituait pas jusqu’alors une catégorie pertinente». Cette brève annotation qui suggère à la fois l’ampleur de l’évolution législative intervenue en 2016 et son caractère sinon pathologique ou viral du moins exogène m’a amené à penser qu’un retour sur l’histoire récente de la définition légale des archives en France pouvait être instructif dans une table ronde consacrée aux « archives, documents et information dans des scénarios hybrides ». Il me semble en effet que ce petit essai d’histoire du temps présent peut être un intéressant moyen d’aborder la problématique du rapport de l’archivistique avec d’autres champs disciplinaires, les sciences de l’information notamment, mais pas uniquement, et le thème des influences, des emprunts et des transferts de concepts ou notions, conscients ou subis, théorisés ou impensés. Quels sont donc les fondements disciplinaires de l’emploi, consacré par le droit, de catégories aussi polysémiques voire amphibologiques que « document » ou «données » ? Résulte-t-il d’une réflexion proprement archivistique ou procède-t-il par emprunts et si oui à quels autres champs disciplinaires et par quels truchements ? Est-il, au contraire, de simple circonstance, et en ce cas n’est-il pas source d’imprécision ou de malentendu?